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Oct 19

Retour sur les résultats des municipales de 2008

Nb : Cette note a été rédigée après l’élection municipale de 2008.

 

 

 

Ayant pris connaissance des présentations très approximatives qui sont parfois  faites des résultats des élections municipales de Die, nous pensons  utile de vous apporter quelques informations. Nous vous remercions de prendre le temps de cette lecture, et d’entrer en connaissance des faits.

Les listes de gauche en présence

Pour ces élections municipales de 2008, quatre listes de gauche et écologistes étaient présentes :

  1. La liste de la maire sortante
  2. La liste du PCF
  3. La liste du Parti des Travailleurs
  4. La liste écologiste.

Ce fait est une première information politique sur la situation locale : la Maire sortante n’avait  convaincu ni le PC, ni le Parti des Travailleurs, ni les écologistes, de faire liste commune.

 

Les chiffres du premier tour

La totalisation des voix de gauche et écologistes au premier tour atteint 1527 voix, soit 64 % des suffrages exprimés. (25,13% pour la liste du maire sortant soutenue par le PS, 20,60% pour la liste PC, 11,42% pour la liste soutenue par les Verts et 6,90% par la liste du Parti des Travailleurs)

 

Les chiffres du second tour.

Pour la première fois à Die depuis 1995, il n’y a que deux listes en présence au second tour. Mais, à la surprise générale, La liste d’union à gauche obtient seulement 1105 voix, soit 47 % et la droite 53%.

 

422 voix, soit 27,5 % des électeurs de gauche et écologistes du premier tour n’ont pas voté pour l’union de 3 listes de gauche au second tour.

 

Il s’agit d’un mouvement de retrait de très grande ampleur. Certains ont souhaité charger les écologistes de ce résultat. Nous rappelons les faits :

 

1- Notre liste de 27 écologistes, conduite par Didier JOUVE, a fait une  campagne exclusivement positive, sans critique, ni évocation de bilan, uniquement sur des propositions et sans attaquer qui que ce soit. Nous tenons à  disposition articles et documents de campagne.

 

2- Nous avions annoncé dès le mois de décembre 2007:

– Notre volonté d’un accord avec la liste du maire sortant ; le PC nous qualifiait d’ailleurs dans ses publications de « roue de secours » du maire.

– Notre engagement à ne pas être artisans d’une triangulaire ; nous étions la seule liste à avoir pris un tel engagement et nous l’avons tenu.

 

3- Nous avons sans cesse recherché cet  accord. Pendant trois mois, et dans l’esprit de ce qui avait pu se faire à la Région en 2004, ou à Valence, nous avons proposé de travailler sur un programme partagé, et sur une méthode de représentation s’appuyant sur les résultats du premier tour. Entre septembre 2007 et Mars 2008, nous avons eu plusieurs réunions avec la liste de la maire sortante. Il n’a jamais été donné de suite à nos multiples propositions.

 

4- Nous nous sommes retrouvés au lendemain du premier tour sans le moindre écrit commun, ni le moindre accord de méthode pour construire la liste de  deuxième tour, puis l’exécutif de la ville en cas de victoire.

 

5- La proposition qui nous a été faite dans l’urgence le lundi suivant le premier tour, était à prendre ou à laisser. Cette proposition était clairement défavorable à notre liste. Il n’y avait pas de programme, et dans la répartition des responsabilités, on nous proposait un seul poste d’adjoint.

 

La répartition proposée comme seul choix était la suivante :

 

 

% de votants obtenu Nombre de membresde l’exécutif % de votants par membrede l’exécutif
Liste soutenue parle PS 25% Maire + 4 5%
Liste soutenue parle PC 20% 3 6,66%
Liste soutenue parLes verts 11,4% 1 11,40%

 

6- Tous les mécanismes de calcul de proportionnelle nous auraient accordé deux adjoints, et le PC se voyait proposer une répartition juste. L’accord se faisait nettement à notre détriment.

 

7- Nous avons compris qu’un choix politique avait été fait par les partis de l’union de la gauche et de l’extrême gauche de se passer des écologistes. Il est vrai que l’addition des résultats des trois listes PS+PC+PT atteignait 53% au premier tour sur le papier, rendant en théorie la chose possible.

 

8- Il nous restait le choix de nous coucher, ou de nous retirer. Nous avons pris notre décision collectivement en réunion de liste. Nous nous sommes retirés, et même désistés, car nous avons appelé publiquement dans la presse et très explicitement à confirmer le refus de la droite qui s’était exprimé au premier tour.

 

9- Avec près de 12%, nous avions pourtant la possibilité technique de nous maintenir. Nous ne l’avons pas fait, comme nous nous y étions engagés dès le début de la campagne. Les médias ont d’ailleurs souligné que c’était la première élection à Die depuis 1995 qui ne faisait pas l’objet d’une triangulaire.

 

 

Notre regard sur le résultat.

 

Un déplacement de voix entre deux tours représentant 27,5% des voix de gauche n’est pas fortuit. Il mérite une vraie recherche d’explications.

 

Nous en voyons plusieurs :

 

– Une réprobation profonde envers la Maire sortante, déjà visible en 2001. Lors de cette élection, une liste dissidente à gauche, portée par le PT, avait fait 20%. Cette liste s’était maintenue, avec l’objectif avoué de faire tomber le maire. Il s’en était fallu de 21 voix que la droite ne passe en 2001.

 

– Une incrédulité des diois devant l’union proposée :

Les Diois ont trouvé dans leur journal du jeudi entre les deux tours la photo de l’équipe d’union à gauche qui leur était proposée pour diriger la ville et qui rassemblait 3 groupes qui s’étaient violemment combattus depuis 13 ans :

  • Le PC, dont les conseillers municipaux avaient voté contre le budget, et s’étaient vu supprimer leurs délégations d’adjoints dans le mandat 2001-2008.
  • Le PT, qui s’était maintenu au deuxième tour en 2001, avec l’objectif affiché de faire tomber la municipalité.
  • La maire, qui avait juré de ne plus travailler avec le PC.

 

Les diois n’ont donc pas cru à cette union, et ont souhaité ne pas réutiliser les ingrédients qui avaient transformé le mandat précédent en guerre des Gauches.

 

Sur cette photo de second tour, il manquait par contre les Verts, ainsi que Jean-Pierre et Monique Rambaud, figures de référence hautement respectées chez les communistes diois historiques, qui étaient 2ème et 3ème de la liste PC au premier tour. Ces absences ont entraîné une démobilisation des électorats concernés.

 

=> Le deuxième tour est donc à notre avis un cumul de démobilisations, de refus, de craintes pour l’avenir.

 

Il a manqué à la liste de gauche :

 

  • Des électeurs historiques du PC qui n’ont pas voté en l’absence de JP RAMBAUD sur la liste au second tour, ou par refus soit du maire sortant qu’ils avaient combattu, soit du PT.
  • Des électeurs du PT, qui avaient milité pendant deux mandats pour faire tomber la maire, et qui n’ont pas changé d’option malgré le ralliement de leur tête de liste.
  • Des électeurs proches du PS, de la gauche modérée ou du centre, qui ont jugé cette alliance avec le PC et le PT ingérable.
  • Des électeurs écologistes qui ont été déçus de l’absence d’accord et de la façon dont les écologistes avaient été traités.

 

On peut ajouter des électeurs de droite, (environ 2%) qui avaient sciemment voté et appelé à voter PC au premier tour pour augmenter artificiellement son score et le rendre dominant à gauche. Ces électeurs de Droite sont évidemment retournés dans leur famille politique.

 

S’ajoute, de façon peu mesurable mais bien réelle, l’impact des critiques formulées par plusieurs anciens adjoints sur la gouvernance du maire, par les commerçants sur le manque de concertation et de contact, et par le monde des entreprises sur le mauvais bilan de l’emploi et de l’activité économique.

 

Enfin, et progressivement, de nombreux diois ont expliqué leur vote. On sait aujourd’hui qu’un nombre non négligeable d’électeurs et de sympathisants ancrés à gauche ont exceptionnellement voté à droite pour refuser la reconduction de la Maire sortante.

 

Évidemment, dans un tel contexte, la droite a mieux mobilisé pour le deuxième tour. La comparaison des listes d’émargement permet d’estimer à environ 150 le nombre de votants nouveaux au 2ème tour (6,5% des exprimés). Sans doute cette mobilisation a-t-elle très largement profité à la droite sentant la victoire envisageable.

 

Un bouc émissaire ne répond pas aux questions politiques

Le réflexe immédiat de la Maire sortante, et des soutiens qu’elle avait à l’intérieur du PS, fut de rendre responsable de cette défaite les écologistes.

Les réseaux PS et PC se sont employés depuis, contre toute réalité, à promouvoir cette idée.

 

Mais plutôt que de se satisfaire d’un bouc émissaire, il faudra bien que la gauche pose un jour un regard plus lucide sur tous ces éléments. Plutôt que d’accuser les écologistes, il faudra bien qu’elle mène une analyse objective et mesurée des raisons d’un échec qui avait failli se produire déjà en 2001, et qui aurait, peut-être, pu être évité  avec plus d’écoute, plus de souplesse, plus de dynamique, et avec d’autres choix tactiques.

 

Car Die n’est pas à droite. Mais pour préparer l’avenir, nous aurons besoin de produire un projet, des propositions, des perspectives positives.

 

 

Les écologistes du Diois, 2008.

 

 

 

D’autres élections ont eu lieu depuis.

 

L’expression des électeurs de Die en 2009 :

 

Aux élections européennes de juin 2009, avec un taux de participation de 60%, les électeurs de Die se sont de nouveau exprimés :

 

PC 12%,

PS 16%,

UMP 22%,

Europe Écologie 28%.

=>  Europe Écologie première force politique sur cette élection.

 

L’expression des électeurs de Die en 2011 (cantonales, 1er tour)

Taux de participation 52%

1er tour :

Leeuwenberg PC+PS 37,11%,

Tremolet MODEM 30,09%,

Jouve EELV 20,55%,

Simion UMP 12,25%

 

L’expression des électeurs de Die en 2011 (cantonales, 2nd tour)

Taux de participation 56%

2ème tour :

Leeuwenberg 55,86%,

Tremolet 44,14%