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On dit que… « On ne voit pas bien ce que l’écologie pourrait bien dire sur la répartition des richesses…”

Il se trouve que l’écologie a posé des questions sur la répartition mondiale de richesses (par exemple sur l’exploitation du tiers monde et donc le déplacement de la barrière de classe) depuis 40 ans ;

Il se trouve que l’écologie a questionné la croissance et le productivisme depuis 40 ans, alors que les «autres pensées de gauche” n’y sont pas encore ;

Il se trouve que l’écologie s’est située d’emblée sur le champ libertaire, quand les autres en étaient encore à la dictature du prolétariat ou sont encore aujourd’hui sur des postures parfois proches du bonapartisme ;

Il se trouve que l’écologie a posé la question de la finitude de la planète, quand “les autres pensées de gauche” en sont encore à vouloir que le monde entier consomme plus demain qu’aujourd’hui…

L’écologie, dès le départ, était bien plus qu’une “pensée de gauche”. L’écologie a pensé une représentation des questions politiques qui ne s’inscrivait pas uniquement sur l’axe droite-gauche au sens classique du terme (répartition des richesses, justice sociale versus individualisme et loi de la jungle), mais également sur l’axe libertaire-autoritaire, sur l’axe productivisme-non productivisme, sur l’axe primauté de l’économique ou primauté de l’humain dans son milieu, et cette représentation en 4D a du mal à se satisfaire de la seule explication droite-gauche.

Le reste du débat est commun avec les “autres pensées” de gauche”?

Nous ne partageons pas.

La droite et la gauche ont partagé les totalitarismes sanglants sans les écolos,

La droite et la gauche ont partagé la destruction de l’environnement à très hautes doses sans les écolos,

La droite et la gauche partagent toujours le nucléaire (et tout ce qu’il contient de totalitarisme, militarisme, mépris des générations futures, déni du bien commun…) sans les écolos,

La droite et la gauche partagent toujours une primauté de l’économique sur l’humain depuis près de deux siècles, et aussi une techno-idolâtrie que les écolos ont contesté depuis bien longtemps.

Ajoutez les OGM, défendus encore par une (petite) partie de la gauche, le refus des médecines alternatives, les combats contre les pédagogies alternatives, un rapport toujours prédateur avec la nature, une grande méfiance des pratiques de développement personnel, un positivisme qui produit ses effets jusque dans les politiques de recherche qui ont abandonné sciences sociales et botanique…

Il est évident que sur l’axe “partage des «richesses-justice sociale», écolos et gauche sont presque d’accord.

Presque, car il faudra quand même parler d’un modèle économique extensible aux 9 milliards d’habitants de la planète, si on veut vraiment l’égalité.

Par contre sur les autres axes, il y a de très grandes différences, parce qu’elles interrogent les fondamentaux de la vie en société, du rapport à l’autre, du rapport entre ‘homme et la nature, et du sens à donner au progrès.

 

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