«

»

Mar 28

Appel de Didier Jouve à une large union respectueuse des électeurs

Bonjour à toutes et à tous,
Notre liste sera présente au second tour des élections municipales de Die ce 30 mars dans une quadrangulaire où tout reste possible. Nous sommes régulièrement interrogés sur la décision que nous avons prise pour le second tour. Ce que nous avons décidé de faire collectivement procède d’une analyse.


L’effondrement de la gauche classique confirme le message déjà adressé par les électeurs de Die en 2008, à savoir la nécessité de construire autre chose, de sortir de la logique binaire dans laquelle les grands partis de l’alternance ont enfermé les électeurs depuis le début du suffrage universel direct, avec le concours des mécanismes de la cinquième république. Pour résumer cette logique binaire : ” tu n’es pas de droite, donc tu es de gauche, donc tu es avec nous », ou plutôt, derrière nous.
Ce mécanisme, parfait pour le maintien de la domination des partis traditionnels de gauche, est un broyeur à écologistes et autres forces émergentes. Le mécanisme est encore plus boulonné à Die, puisque le PS a laissé la ville au PCF contre la tranquillité dans le reste du département. Nous l’avons écrit. Isabelle Bizouard l’a écrit dans le JDD. Les cantonales de 2011 l’ont montré : il n’y avait pas de candidat PS pour bien “assurer le coup”.
Le même mécanisme s’est mis en place très tôt pour les municipales : lorsque nous avons contacté le PS en juillet 2013, l’accord était déjà passé officieusement entre le PS et le PCF et la tête de liste déjà connue.
A Die, lorsqu’il y avait des premiers tours avec PS et PC, on connaissait la répartition entre les deux projets politiques ; le PS était généralement en tête. Mais en 2011 comme en 2014, l’accord de premier tour PCF-PS avec tête de liste PCF a été imposé.
Alors certes, nous ne sommes pas, avec 19,6%, devant l’union électorale PCF-PS qui obtient 28,9 %. Mais on a le droit de penser que le projet écologiste est placé devant chacun des deux autres projets, communiste et socialiste, qui sont singulièrement différents.
D’autre part, le vote écologiste ayant progressé de 11% à 20% entre les deux municipales, pendant que celui des partis de la gauche passait de 53% à 29%, on peut repérer la dynamique et essayer de la prendre en compte.
Nous avons donc décidé, non pas de “revendiquer la mairie”, et encore moins pour moi (je peux sans problème m’en passer !) mais de proposer une configuration originale qui soit susceptible de produire un plus vaste rassemblement. (Voir ci-dessous l’accord que nous proposons.) Cela supposait que la fonction de maire soit assumée par une personne qui puisse représenter et garantir l’ouverture pour rassembler au-delà des listes fusionnées. On aurait pu discuter de qui, mais la réponse fut simple : le maire est pour la liste arrivée en tête. Point final. Il s’agit de la “règle”, celle du mécanisme. Lorsque les “grands partis” de droite et de gauche font à peine la moitié des voix, lorsque les partis de l’union de la gauche décrochent de 53% à 29%, n’est-il pas temps d’interroger le modèle et de trouver autre chose ?
Nous n’avons pas été entendus. Très sincèrement, nous ne nous attendions pas vraiment à l’être. Mais nous voulions au moins essayer. Parce qu’il faudra bien changer !
Die sera peut-être un jour enfin un exemple de la façon de faire les choses différemment. Cela passe, comme à Grenoble il y a six ans, par une remise en cause du mécanisme réducteur de liberté.
Dans cette perspective, nous préférons être écologistes libres dans la minorité, que participants minoritaires d’un système hors d’âge, de mise en coupe réglée des électeurs progressistes. 3 adjoints, ou deux écolos libres ? Notre choix est fait.
A titre personnel, je préfère être écologiste libre, non indemnisé et sans pouvoir (sauf celui, très important, d’expression et de propositions) que parmi les derniers serviteurs obligés d’un modèle que je combats depuis des années et qui s’écroule.
Dimanche 30 mars : second tour. Nous sommes motivés pour ces derniers jours de campagne… et ces six prochaines années ! C’est désormais à vous d’envoyer des écologistes libres au Conseil Municipal. Vous pouvez même décider qu’ils y seront majoritaires !
Dans ce cas, nous proposerons aux élus des deux listes contactées de travailler avec nous dans les commissions, en responsabilité de projets, voire en tant qu’adjoints s’ils le souhaitent. La question du maire, si elle est bloquante peut encore être posée. Notre liste peut proposer d’autres personnes compétentes à ce poste.
Pour porter les idées écologistes, nous avons besoin d’élus dans le conseil municipal. Sinon, nous serons en vacances et le système pourra perdurer : droite, gauche, droite, gauche…

Didier JOUVE

Télécharger (PDF, 350KB)